LENTEUR

PAR PACO

Il m’arrive de temps à autres de fréquenter les abords d’une ligne à grande vitesse, ou d’une autoroute.

En levant la tête il est rare de ne pas croiser du regard les traînées blanches laissées par les avions à travers l’azur. Je me fais alors cette remarque, « en quelques heures à peine toutes ces personnes seront à 100, 500, 6 000 kilomètres de là et moi je serai encore là, j’aurai fait tout au plus quelques centaines de mètres voire un ou deux kilomètres ». Le lendemain je reviens et bien entendu il en passe toujours, nuit et jour, à un rythme effréné le monde fonce. Où ?

L’été je prends de la hauteur et je me pose la même question quand, de loin, je regarde le flot de véhicules défilant sur la route tranchant en deux le paysage.

Souvent je languis le soir quand tout le monde est arrivé à destination et que les lieux retrouvent leur calme. Place aux oiseaux dont les chants vespéraux enchantent les lieux, au chevreuil qui part en aboyant à travers bois et aux tintements des sonnailles. La nuit tombée je rejoins ma cabane en profitant, si le temps le permet, du ciel étoilé et du silence.

Au petit matin je repars, tout est calme encore, pour un temps seulement, sans trop tarder la noria recommencera. Si tout se passe bien je pourrais partir moi aussi, je trouverais l’endroit propice et j’ouvrirais un livre.