Le blog de fable-Lab

Non les imagiers ne sont pas réservés aux enfants.

Mardi 31 mai 2022.

Aujourd’hui c’est la fête de la musique ! Le seul jour de l’année où vous pouvez jouer dans la rue, écouter (entendre ?), votre voisin qui s’est mis à la guitare il y a 6 mois, une chanteuse d’opéra, un groupe de l’école de musique de votre ville ou – rêvons un peu – Céline Dion. 

Tout ça parce que la musique, en jouer ou l’écouter, est un loisir qui nous rassemble (mettons de côté quelques grincheux et grincheuses qui se plaindront du bruit). 

La musique dans nos imagiers – dans l’imagier Loisirs.

On ne s’y est pas trompé dans notre imagier sur les loisirs où la musique est largement illustrée : 

  • écouter un concert 
  • écouter de la musique 
  • écouter la radio
  • jouer d’un instrument de musique
  • chanter 
  • aller à l’opéra
  • aller en boîte de nuit

Et puis on retrouve ce thème un peu plus caché.  Pour le mot « S’amuser » l’illustrateur ou l’illustratrice a spontanément représenté de la musique !  On trouve aussi « Écouter les oiseaux ». On est tous d’accord que le chant des oiseaux c’est de la musique ? 

Alors la musique et tous nos loisirs, c’est essentiel ? 

Beaucoup de nos imagiers sont des imagiers de l’urgence, pour faciliter l’accueil, la communication,… les premiers années de celles et ceux qui ont dû fuir leur pays et arrivent dans un autre et dont les repères sont bouleversés. 

Alors que reste-il de stable, de rassurant mais aussi de plaisant dans ces situations d’exil ? Et bien souvent ces activités que nous aimons, qui nous racontent et nous relient aussi à tout ce que l’on a dû laisser. 

En discutant des mots des loisirs, alors que l’une de nos membres avançait que « faire du tricot » n’était peut-être pas des plus prioritaires, un autre bénévole, rappelait le parcours de A. arrivée en France quelques années plus tôt en tant que réfugiée : « A. elle adore faire du tricot et ça lui fait du bien. Je pense que c’est trop important de mettre « Faire du tricot » parce que certaines personnes, elles emmènent leur tricot partout parce que c’est une des choses les plus précieuses pour elles. »

Au-delà du tricot, ce qui nous importe dans la conception de l’imagier des Loisirs, c’était de mettre en valeur et représenter ce qui est précieux pour chacune et chacun d’entre nous. Et parce que ce bénévole avait lui aussi connu l’exil, il mesurait l’importance de ces petits riens, ces pratiques presque anodines, ces loisirs qui sont tout sauf accessoires (d’où l’importance de construire des dispositifs de médiation avec des personnes concernées – mais cela va sans dire).

Les loisirs sont peut-être aussi ce qui permet de prendre en compte toutes les dimensions d’une personne et de véritablement tisser du lien avec elle. Parce qu’ils sont désintéressés, parce qu’ils ne visent pas d’objectif (d’insertion professionnelle par exemple), parce qu’ils permettent de s’accorder du temps pour soi, les loisirs nous rattachent à notre humanité. Laisser à toutes et tous le droit aux loisirs, mais aussi à la flânerie ou à l’oisiveté, n’a donc rien d’anodin et va jusqu’à questionner la place que l’on accorde à chacune et chacun dans la société. S’intéresser aux loisirs, c’est donc réfléchir et participer à construire une société véritablement accueillante pour toutes et tous.

On vous laisse découvrir l’imagier les loisirs et nous dire si vous retrouvez l’activité que vous continuez à pratiquer quoiqu’il arrive. Si vous ne la trouvez pas, écrivez-nous ! On pourra la rajouter dans notre futur base de données partagées (rendez-vous en septembre) ou dans une prochaine édition de l’imagier des Loisirs !